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2003 - François Miranda
Elu à la Culture Ville de Montreuil. Collectionneur. Master d’esthétique.

Sa peinture, c’est d’abord un travail de corps à corps avec la matière. Avec une brosse, elle va d’abord étaler une couche de peinture sur une toile jusqu’à tout recouvrir ou presque. Jusque-là rien que de bien banal. Elle va étendre du plâtre, sur lequel tant qu’il est frais elle va jeter-lancer des pigments. Elle va ensuite entamer un dialogue physique avec ce support en utilisant des pinceaux : blaireau, brosse, piedde- biche, queue-de-morue entrent en scène ; des couteaux : c’est le tour de saignoir, dépeçoir, hachoir, tranchelard, épluchoir, coupe-légumes, de faire rendre gorge à l’oeuvre en devenir, de rançonner la forme naissante ; du papier de verre, parce que c’est une femme, elle aime aussi gommer les aspérités, lisser la matière ou au contraire faire ressortir les défauts ; de ses doigts, elle va malaxer, triturer, griffer, frapper, caresser l’objet en train de naître. Et elle va recommencer, dans le désordre, jusqu’à ce qu’elle soit face à ce qu’elle avait prévu ou qu’autre chose se soit fait jour entre temps. Des couches successives s’offrent au regard. Parfois un excès de matière se désolidarise de l’ensemble, Julie intègre alors ce paramètre à la composition. Jusqu’au bas-relief parfois. Le tableau mène sa propre vie. Certains, en se désagrégeant lentement, n’aspirent qu’à être la trace d’eux-mêmes, leur propre palimpseste, la forme se mêlant au fond. Sa peinture, c’est surtout un travail sur le corps. Elle le questionne en permanence. Des péricrânes pelés aux orbites vides, des morceaux de corps qu’elle utilise et replace dans la droite perspective de l’antiquité, de celle des vénus, des apollons. À la différence près qu’ici ce n’est pas le corps parfait, modèle, étalon, référence absolue, archétypal qu’elle représente, c’est un tronc de femme enceinte dévoilé, une carcasse étêtée, un buste à prendre, un torse en équilibre incertain, un bassin d’homme nu offert aux regards. On n’en voit que des fragments, en mouvement, comme si on passait devant une fenêtre aux dimensions et à l’orientation variables derrière laquelle des personnes défileraient, ouverture sur ce qui nous est donné à voir. Quant à ses pericrânes énuclés, statues de sel condamnées à l’éternité, pour s’être retournés trop tôt, les quelques mots qui les entourent sont là non pour nous éclairer, mais pour nous proposer d’autres pistes.

2003 - François Miranda  
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